Brexit : quelles conséquences pour la Grande Bretagne et l’Union européenne ?

Publié le 31 octobre 2016 | Par OxyTrade | Actualités économiques, financières, Actualités et Analyses

A la suite du référendum du 13 avril 2016, la Grande-Bretagne achevait sa sortie de l’Union Européenne (UE) en votant pour le leave. La campagne serrée illustrait les difficultés à prévoir les conséquences de ce séisme politique. Après maintenant quelques mois d’analyses s’esquissent les retombées sur le Royaume-Uni, la France et l’UE.

Les conséquences pour la Grande Bretagne

Premier indicateur de l’ économie à relever, la dévaluation de la livre sterling, monnaie usitée par la Grande-Bretagne. Elle atteignait son niveau le plus bas en septembre 2016 par une dépréciation de près de 12%, niveau jamais atteint en trente 30 ans. L’annonce par la première ministre Theresa May du retrait du marché intérieur accentua la chute du livre sterling qui demeure aujourd’hui à son plus bas niveau depuis le milieu du XIXe siècle. La City, première place financière de l’UE, pourrait également être détrônée de son piédestal, devenant moins attractive du fait de se trouver hors du marché unique. Côté immobilier, la ville de Londres risque d’être particulièrement touchée car les hauts-cadres travaillant dans l’économie financière et dans les salles des marchés financier migreront avec ces dernières. De plus, cette chute de la livre sterling entraîne face à l’euro une perte de pouvoir d’achat pour les britanniques qui va donc rendre plus difficile l’achat d’un bien immobilier en France.

Les conséquences pour la France

Alors que Londres générait un afflux important de banquiers français, le brexit y a mis un terme et Paris redevient de plus en plus attractif pour les banques internationales. Cependant, la contrepartie du Royaume-Uni étant envolée, la France devrait participer d’avantage au budget de l’UE à hauteur d’1.2 milliards d’euros supplémentaires. De plus, le surcoût des exportations françaises en Grande-Bretagne dû au brexit pourrait faire perdre à la France plus de 2.5 milliards – conséquences de nouveaux droits de douanes et de la sortie du marché intérieur. En 2015, le marché de l’ immobilier en France compte les Britanniques comme les premiers acquéreurs étrangers : le nombre d’acquisitions immobilières fait par les Anglais en France augmenta en 2015 de près de 44%. Avec cette dépréciation de leur monnaie, beaucoup n’auront plus les capacités de rester en France. Les britanniques s’orienteront peut-être vers l’acquisition pour les plus fortunés d’entre eux de l’ immobilier de luxe à Paris, dans le sud-ouest et en Côte-d’Azur. Des biens dans d’autres zones risquent néanmoins de connaître une importante baisse sans cette apport des anglais : on évalue des baisses de prix sur les biens immobiliers dans le Limousin ou en Normandie entre 10 et 20%.

Les conséquences pour l’UE

Après la dégradation de la note du Royaume-Uni (passant de AA+ à AA) par l’agence de notation Standard and Poor’s, des conséquences sur l’ économie de l’UE sont à prévoir, et notamment sur les marchés financier. On remarquait que quatre jours après le choix du brexit, les principales bourses des plus grosses capitales européennes, Londres, Paris et Francfort, perdaient entre 3% et 8% sur leur indice boursier. La chute de la livre sterling impacte l’ensemble du continent européen en amputant les ménages anglais d’une partie de leur pouvoir d’achat. Ceci a des conséquences sur les rentrées d’argent des Etats membres, notamment en France où les recettes en provenance des touristes britanniques sont à hauteur de 5 milliards d’euros – soit 0.2% du PIB. De surcroît, l’UE exporte plus de 10% des produits de ses États membres vers le Royaume-Uni et la sortie anglaise du marché unique devrait compliquer la facilité de ces échanges.

Le brexit génère avec lui une zone d’incertitude, propice à des tensions économiques et un attentisme qui ne sont pas profitables à l’ économie et aux marchés financier. L’impact sur l’immobilier devrait se tasser sur le long terme, mais une tendance à la baisse est à prévoir avec des acheteurs anglais moins présents en France. Les marchés financier devront s’adapter en délocalisant un certain nombre d’emplois et de structures afin de rester dans le marché unique – ce qui peut-être une opportunité pour Paris. L’économie et échanges entre les États membres dépendront des accords bilatéraux entre l’UE et le Royaume-Uni, qui seront renégociés au plus vite.